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TUD PLUNERED

TUD PLUNERED

Imaginez la "vie" de cette gare ,construite, en 1862, pour les pèlerins du sanctuaire de Saint-Anne au village de Ker-Ana.Imaginez à l'époque la ferveur religieuse,les transports de l'époque ...Elle pourrait raconter la vie de PLUNERET.


Journées de la langue bretonne en Pays d’Auray

Publié par PLUNERET et ses habitants sur 21 Novembre 2008, 13:38pm


Parmi les nombreuses animations d'un "automne autrement"

du 15 Octobre au 15 Novembre et dans le cadre de Bro Alré gouil bamdé


      Les deux journées de la langue bretonne en pays d’Auray ("Devezhioù ar brezhoneg e Bro an Alré"), ont vu la participation d’environ 700 personnes cette année. Co-organisées par Douar Alré et Kerlenn Sten Kidna, elles avaient lieu dans le cadre du festival de la culture bretonne en pays d’Auray “Bro Alré Gouil Bamdé”.

Jeudi 23 Octobre, l’écrivain bretonnant Yann Bijer a rencontré des élèves de l’école Diwan d’Auray pour leur raconter un extrait de ses Contes du goéland masqué (“Konchennoù ar gouelan masklet”) qui a ramené les enfants au temps de la grande Armada, quand les rois de France et d’Espagne voulaient envahir l’Angleterre. En attendant l’invasion, les troupes espagnoles cantonnées à Penmarc’h étaient indisposées par le chant des goélands bigoudens... Les enfants ont écouté avec attention ce voyage dans l’histoire et dans l’imaginaire de Yann Bijer.

L’après-midi, les élèves bilingues CM1-CM2 de l’école du Pont-Douar avaient préparé des questions sur le “métier” d’écrivain. Yann Bijer leur a répondu que ce n’était pas son “métier” à lui car il a commencé d’écrire et de publier une fois à la retraite, en l’an 2000. Auparavant, il travaillait dans l’assurance et depuis, il a publié sept livres, trois romans policiers, deux livres de contes, un livre pour enfants et son dernier roman, Avel Gôrnog, roman inspiré de sa mémoire familiale.

Il a rappelé aux enfants son propre parcours par rapport à la langue bretonne. Né en 1940, son père prisonnier en Allemagne, il fut élevé par son grand-père et sa mère dans un environnement bretonnant. Puis, scolarisé à six ans “car il n’y avait pas de maternelle à l’époque”, il s’est éloigné de sa langue maternelle pour apprendre la langue française. Il y revient bien plus tard, vers les 35-40 ans pour apprendre à lire et écrire le breton avec l’aide d’un ami de son père. Il se met alors à reparler breton avec ses parents, enregistre ses oncles, tantes, cousins, voisins de Léchiagad en Pays bigouden pour recueillir des témoignages, en breton, sur leur enfance à la fin du XIXe siècle. Ces témoignages alimenteront plus tard son livre Avel Gôrnog.

L’écrivain a, tout en répondant aux questions des enfants, distillé quelques extraits de ses “Troioù kaer ar Gwilhoù bras” (Ed. Keit vimp bev), contes racontant les aventures et turpitudes de quatre frères loups habitant quelque part dans le Centre Bretagne. Avec forces gestes, mimiques et intonations, Yann Bijer a su amuser et captiver les enfants qui ont bien ri, tout en entendant un breton riche et imagé.

Troisième étape du Tro Bro An Alré (tour du pays d’Auray) de Yann Bijer : le collège Kerfontaine de Pluneret où il fut accueilli par une vingtaine d’élèves de la filière bilingue. Réunis dans le CDI du collège, avec en mains les dossiers qu’ils avaient préparés en lisant des extraits d’Avel Gôrnog, les adolescents ont posé des questions à l’écrivain comme “Avez-vous reçu des prix ?” (“Oui, trois”), ou encore “Parle-t-on de vous dans les journaux ?”...

Après une pause bien méritée, c’est la médiathèque de Brec’h qui, le soir, accueillait Yann Bijer. Une vingtaine d’adultes avait fait le déplacement pour écouter, tout d’abord, des histoires drôles glanées ici et là par l’écrivain ou imaginées par lui, sur l’avarice, l’orgueil... Puis il se lança dans un conte plus long, de 40 mn, Petrol an diaoul (“le pétrole du diable”, primé en 1977 par France 3), où le diable et ses acolytes ont bien du mal avec la crise pétrolière qui les prive de carburant pour faire rôtir les damnés en enfer... En troisième partie de soirée, Yann Bijer répondit aux questions de ses auditeurs-lecteurs, notamment sur sa manière d’écrire, son état d’esprit quand il écrit un livre, ses projets, etc. Un échange riche et, là encore, ponctué de rires.

Changement d’ambiance le lendemain matin dans la salle Emeraude de Locoal-Mendon où environ 450 élèves de huit écoles maternelles et primaires bilingues du pays d’Auray* étaient réunis pour assister à un spectacle en breton qui commençait par la prestation d’Eflamm le magicien. Magie se dit “hud” en breton et les enfants restèrent “bamés”, étonnés, face aux tours de magie (“troioù fizik”) du jeune homme qui fit apparaître des colombes, réapparaître une bague prêtée par une institutrice, lut dans les pensées, etc...

Ensuite, à 11 h, les enfants interprétèrent les trois chants communs appris en classe. Ils furent menés par Sandrine (institutrice à Locoal-Mendon), Mona (Pluvigner), et celui des plus grands, mené avec son énergie communicative par Guigner Le Hénanf, chef des Kanerion Pleuigner (et maire de Pluvigner). Infatigables, les enfants enchaînèrent par les danses, alors même qu’une pause était prévue. Ils avaient besoin d’action et il y en eut avec le bal breton animé par Catherine Pasco. Les enfants ont dansé, chanté, compté et révisé du vocabulaire en même temps : du sport, et du plaisir !

Sur le coup de midi, chacun sortit son pic-nic. C’est l’heure à laquelle arrivèrent les premiers membres de la troupe Strollad ar Vro Bagan invitée à présenter, le soir, sa version bretonne du Roi Ubu, la pièce d’Alfred Jarry. Durant l’après-midi, les collégiens de Pluneret firent le déplacement pour rencontrer la troupe et questionner deux de ses membres : Goulc’han Kervella, son directeur (mais aussi auteur, acteur...), et Bob Simon, acteur, interprète du roi Ubu, mais également auteur (ou traducteur) de certaines pièces. Les collégiens purent monter sur scène afin de voir le travail concret des techniciens-acteurs qui montaient le décor, très élaboré, installaient la lumière, préparaient les costumes... Les masques et les chapeaux militaires leur ont particulièrement plu.

Dans le même temps avait lieu un “Kafe bara amanenn”, rendez-vous des bretonnants proposé tous les quinze jours à Pluvigner, salle du Tanin, par Kerlenn Sten Kidna. Une quinzaine de personnes avaient fait le déplacement pour discuter, échanger en breton.

Le soir, 80 personnes sont venues assister à la pièce qui, durant deux heures, racontait les aventures du père et de la mère Ubu. Une mise en scène particulièrement soignée, avec beaucoup de décors, des extraits de vidéos, des faux canons, des fumigènes, un cheval grandeur nature en carton pâte... Les acteurs ont su maintenir un rythme soutenu, faire rire les spectateurs à de nombreuses reprises par le jeu de dialogue et les nombreuses trouvailles de mise en scène, les émouvoir et les fasciner également. Un grand spectacle pour lequel les organisateurs attendait un public cependant plus conséquent. En effet, la dernière troupe de théâtre en breton s’était produite en 2004 en pays d’Auray (pour la première édition de Bro Alré gouil bamdé). Quand on sait qu’il n’y a quasiment pas peu de films en breton, peu d’émissions de télévision (jamais le soir), il est dommage que les bretonnants ne se mobilisent pas plus pour venir voir et entendre du théâtre professionnel en breton quand il s’en produit.

Malgré ce bémol, ces deux journées de la langue bretonne, fruit d’un travail collectif entre associations, écoles bilingues, municipalités et Pays d’Auray, devraient être reconduites en 2009, toujours dans le cadre de Bro Alré gouil bamdé.

Pour Kerlenn Sten Kidna, Christian Le Meut

* Auray, Brec’h, Carnac, Locoal-Mendon, Mériadec, Plumergat, Pluneret, Pluvigner.

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